Ce qui fait la facture
Deux devis ne se comparent pas si on ne sait pas ce qu'ils contiennent
Comparer deux devis de diagnostics est plus difficile qu'il n'y paraît, non pas à cause des montants, mais parce que les deux documents ne décrivent pas forcément la même prestation. Une liste plus courte, un déplacement de plus, une surface non mesurée, un rapport livré autrement : chacun de ces écarts change ce que l'on achète, sans toujours apparaître clairement. Voici ce qui doit figurer sur un devis pour qu'une comparaison ait un sens.
Ce qu'un devis doit énoncer pour être comparable
La liste nominative des diagnostics
Une mention générique du type « diagnostics obligatoires » ne dit pas combien de lignes sont couvertes, ni lesquelles.
Le nombre de déplacements prévus
C'est la grandeur qui décide de votre disponibilité et de celle de l'occupant. Un devis qui ne l'écrit pas laisse la question ouverte.
Le périmètre mesuré
Surface mesurée sur place ou surface déclarée par le propriétaire, annexes comprises ou non : ce n'est pas la même prestation ni la même responsabilité.
La date de validité de chaque rapport
Les rapports n'expirent pas ensemble. Connaître la date de chacun dit lequel sera à refaire en premier, et donc quand quelqu'un reviendra.
Ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas
Prélèvements et analyses en laboratoire, second passage en cas d'absence, remise du rapport sous une forme donnée : ces postes existent ou non selon les devis.
Les domaines de certification du professionnel
C'est la seule mention qui permet de savoir si la liste tient en un déplacement ou en deux, et elle se vérifie dans l'annuaire public.
Aucun de ces points ne demande une compétence technique : ce sont des faits que le professionnel connaît et qu'il peut écrire. Un devis qui les porte tous se compare à un autre devis qui les porte tous. Un devis qui n'en porte aucun ne se compare à rien.
S'il manque un point, le demander par écrit avant de signer. La réponse fait partie du contrat, la conversation téléphonique non.
Trois formulations qui ne s'engagent à rien
« Diagnostics obligatoires »
Ne dit ni combien de lignes, ni lesquelles. Deux devis portant cette mention peuvent couvrir trois diagnostics et six.
« Selon la réglementation en vigueur »
Renvoie la détermination de la liste à plus tard, c'est-à-dire après la signature.
« Intervention sur site »
Au singulier comme au pluriel, ne dit pas combien de fois quelqu'un viendra.
Elles ne sont pas malhonnêtes : elles sont simplement vides, et elles rendent la comparaison impossible sans que personne n'ait menti.
La demande à formuler est toujours la même : remplacer la formule générale par la liste, le nombre et la date.
Vérifier que les deux devis portent la même liste
Le premier écart à chercher est le plus simple : la liste nominative des diagnostics. Deux devis peuvent différer parce que l'un a retenu une ligne conditionnelle que l'autre a écartée, et l'un des deux a raison.
Les conditions ci-dessous sont celles qui font le plus souvent diverger deux listes. Les vérifier soi-même, sur les documents du bien, permet de savoir lequel des deux devis décrit le dossier réellement dû.
- La date du permis de construire
- Avant le 1er juillet 1997, le repérage amiante est dû. Avant 1949, le constat de risque d'exposition au plomb l'est aussi.
- L'âge des installations
- Au-delà de quinze ans, l'état de l'installation intérieure de gaz et celui de l'installation intérieure d'électricité entrent chacun dans le dossier. C'est l'installation qui compte, pas le bâtiment.
- L'arrêté préfectoral termites
- La recherche de termites n'est due, à la vente, que si la commune est couverte par un arrêté de délimitation.
Composer la liste avant de demander les devis
Une liste établie avant l'appel rend la comparaison possible, parce qu'elle fixe le périmètre au lieu de le laisser à l'appréciation de chacun.
Comparer des devis qui décrivent la même chose
Une liste établie avant l'appel fixe le périmètre. Sans elle, deux devis peuvent décrire deux prestations différentes sans que rien ne le signale.